Copyright vignette du billet : « The secret life of heroes » –  Greg Guillemin.

Notre super-héros du jour n’est nul autre que Batman, l’alter-ego de Bruce Wayne, un puissant multi-milliardaire de haute famille, capitaine d’industrie, playboy et féru d’armes technologiques ultra-sophistiquées, qui s’est manifestement dit un beau jour que la meilleure façon d’ aider les habitants de sa ville était, non pas de redistribuer sa richesse en investissant dans les institutions et le social, mais….de se déguiser en chauve-souris la nuit.

Pourquoi ?

Point d’araignée radioactive, d’expérience scientifique qui a mal tournée ni de pouvoirs extraterrestres chez Bruce. Seulement une fortune colossale qu’il choisit de dépenser en gadgets technologiques. Il s’incombe à lui seul d’être garant de l’ordre, d ‘éradiquer en toute subjectivité ce qu’il juge être la vermine de la ville et ne répond qu’à ses propres lois (par ex : ne pas tuer). Comme le commissaire Gordon ne cesse de lui rappeler, Batman outrepasse et transgresse les « vraies lois » en permanence. En cela il est aidé d’un majordome, donc de la figure par excellence de la subordination aux plus puissants.

On pourrait voir en Batman l’incarnation même d’un caprice de riche. A mainte reprise, Bruce Wayne s’élève contre l’insurrection d’un peuple en colère et impose sa propre justice. Oui mais, la particularité de Batman est qu’il est un être profondément obsessionnel et torturé. Il n’est pas un super-héros à proprement parler comme pourrait l’être Tony Stark qui tout aussi riche et armé technologiquement, voit en ce pouvoir une responsabilité personnelle de protéger la Terre de toute invasion extra-terrestre. Batman est un héros de film noir (genre de cinéma qui a connu son essor dans les années 40, films de gangsters, résolument pessimistes et tragiques) qui se morfond inlassablement sur les questions du bien et du mal, tout seul dans sa cave, habillé de latex noir, masqué, entouré de gadgets et accompagné …d’un jeune garçon (Robin) tel un Michael Jackson dans son Neverland sauce fetish (je ne juge pas, je constate juste).

Dans la littérature médiévale anglo-saxonne, la figure du « chevalier noir » désigne un chevalier qui n’a prêté allégeance à aucun Seigneur et qui n’agit que pour son propre compte. Batman n’est que la version moderne de ce mythe et tantôt Alfred tantôt Robin occupent la position d’écuyer.

Batman est également un héros de tragédie grecque, hanté par une quête sans fin car il se doit de traquer tous les criminels, d’éradiquer toute la vermine pour assouvir sa soif de vengeance qui ne sera jamais étanchée et cela, peu importe les moyens employés. Batman compose avec une souillure originelle en lui, une culpabilité qui le hante alors qu’il est coupable de rien. Il est torturé par ses pulsions inconsciente et est, comme le lui rappelle le Joker, sans cesse au bord de la folie.

A l’origine de cette folie, le meurtre de ses parents devant lequel il était impuissant. Face à cet épisode traumatique, devenir justicier répond au besoin de donner un sens à cet évènement. Dans son article « An appetite for destruction« , le psychologue américain Chuck Tate suggère même que Batman prend plaisir à la violence qu’il exerce. Contrairement aux autres super-héros qui se concentrent sur le fait d’aider les victimes, Batman se focalise sur le fait de faire peur et de faire mal aux criminels. C’est pour cette raison qu’il se déguise en chauve-souris, les embusque dans des allées sombres et les soumet à lui par l’intimidation. Le psychologue cite la théorie de « negative-state relief hypothesis » (que je ne me risquerais pas à traduire) c’est à dire grosso-modo que Bruce Wayne soulagerait son propre stress post-traumatique au sujet de la mort de ses parents en voyant d’autres personnes dans des situations traumatiques similaires, bien que cela soit sous couvert de « faire le bien ». Ce qui fait de lui une figure héroïque troublante.

Ce n’est pas pour rien que lorsque l’homme chauve-souris rejoint la Justice League, Superman demande à Wonderman de garder un oeil sur lui. En effet, ce dernier méprise l’éthique de travail de Superman qui n’utilise la force qu’en dernier recours contre ses ennemis et n’y prend pas de plaisir. Batman se renseigne sur les faiblesses de ses collègues et garde constamment à sa ceinture de la kryptonite « au cas où ». Imaginez, c’est comme si votre collègue d’open-office, Chantal, ayant connaissance de votre allergie aux arachides, gardait constamment du beurre de cacahuète dans le tiroir de son bureau « au cas où ». Mais que compte-tu faire avec cela, Chantal ?

Batman est l’allégorie de la quête de sens. Le fait qu’il soit riche n’est finalement qu’un détail. Vous n’avez pas de super-pouvoir ? Batman non plus ! Vous n’êtes pas Batman ? Au vu de cette analyse, tant mieux ! Tandis que beaucoup d’entre nous recherchent durant des années le bon choix de carrière, cela pourrait sembler beaucoup plus évident pour les super-héros. Se retrouver un beau jour avec des super-pouvoirs laisse peu de doutes sur le fait que passer sa vie à combattre le crime fait assez sens. Au final, aussi bien les super-héros que nous autres humbles mortels, cherchons un sens à nos vies plus au moins de la même manière, nous essayons autant que nous le pouvons de connecter nos talents et meilleurs atouts aux responsabilités de notre travail dans l’idée d’un but plus grand. Servir le bien commun est un objectif généralement motivant et en cela nul besoin de super pouvoir ou super richesse pour donner du sens à vos vies. La bonne nouvelle, c’est que chacun à notre propre niveau et avec nos propres capacités, nous avons le choix entre être le héros ou le connard.

Notre super-héroine du jour elle ne se complaît pas dans un univers sombre et où le bien est en fait peut être un peu gris. Son combat à elle c’est la liberté, d’expression, de corps et d’être qui l’on veut surtout s’il l’on ne rentre pas vraiment dans les cases, le tout avec beaucoup de couleurs acidulés, de twerk et de second degré.

Aujourd’hui tu apprends les body waves avec Winnie Pelteez aka Daphné (ou l’inverse).

Inspiration

Son super-pouvoir est la sensualité, son bienfait, le plaisir.

Angèle vous délivre aujourd’hui un extrait de son numéro, L’Orgasme.

#BAPSUPERHEROES

#bapsuperheroes – Day 4 – BATMAN

Il est aussi sombre qu’elle est lumineuse, son âme n’est pas toujours vertueuse alors qu’elle est pure par contre ils sont aussi badass l’un que l’autre.

Amandine est BATMAN !

Cette fois ci les conseils sont donnés avec le son, ne regardez pas la vidéo en mute, vous louperiez toutes les infos.

BAP got talents !

Nous continuons avec la musique classique sous les doigts experts de Zélia qui en plus de savoir faire mille choses sur une barre de pole, est pianiste de profession.

Demain on retrouve notre Batwoman, qui ne sera plus en Bat et ça va chauffer ! Ah non, juste s’échauffer, ce qui est déjà pas mal. Et puis on croisera une créature et des gens talentueux voir même des créatures talentueuses !

Ça va tu suis ?

Non ?

Et bien tu verras demain.

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